Thématique - Monde banquaire

Quelles leçons les banques ont-elles retenues de la crise?

Journal communal « Morlanwelz.be », rubrique « la parole aux partis », numéro d’avril 2010.

Apparemment, aucune. Ou plutôt si : “la prochaine fois que nous ferons une erreur, même énorme, l’État sera là pour nous tirer d’affaire”… avec l’argent des contribuables.

En effet, nous payons les erreurs des banques. Les banques ont joué au casino avec l’argent qui leur était confié. Et c’est nous, contribuables, qui passons à la caisse.

Certains d’entre nous pourraient devoir payer la crise jusqu’à trois fois. Une première fois en perdant une partie de leur épargne. Une deuxième fois en tant que contribuable. Une troisième fois en étant emporté dans une des nombreuses restructurations en cours (Opel, Carrefour, etc.), en subissant un chômage partiel dû au ralentissement de l’économie ou en éprouvant plus de difficultés dans sa recherche d’emploi.

Chez ECOLO, nous pensons que des solutions existent. Par exemple : Il faut orienter les placements vers le développement durable. Il existe déjà des banques qui ne font que cela, et elles n’ont pas attendu la crise. Crédal et Triodos sont les deux plus connues. Elles investissent l’argent qui leur est confié dans des activités porteuses d’améliorations sociales et environnementales. Celles-ci sont créatrices d’emploi et de richesse. Nous ne pouvons plus accepter que nos placements favorisent le développement d’activités aussi inadmissibles que le travail des enfants, la fabrication des armes les plus atroces ou la destruction de la planète. Il faut libérer l’économie de la dictature de la finance.

Une première mesure dans ce sens est de séparer les banques commerciales (épargne, crédit) des banques d’affaires (produits à risque). L’Etat ne garantissant que les premières. Il est nécessaire aussi d’exiger la solvabilité des banques commerciales. Enfin, il faut taxer les opérations boursières. Une taxe modérée ne chassera pas le petit investisseur mais reviendra vite très cher aux spéculateurs.

Ne rien changer à la situation économique actuelle est intenable : voulons-nous sauver un système qui privatise les bénéfices, collectivise les pertes et fait porter par la société et par l’environnement ses dégâts et ses pollutions ?

Renaud Lebrun
Membre du groupe local ECOLO

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